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22.05.2007

Législatives : et après ?

a90f77e3334bc047e344cb94bdc1cd91.jpgVa-t-on, en 2007, retrouver la configuration qui s'était fait jour au lendemain des élections législatives de 1993 ? C'est ce que semblent, ces derniers jours, préfigurer les divers sondages publiés par les instituts de tendance. Le mouvement, bien sûr, est largement renforcé par le mode de scrutin qui écrase, forcément, les petites formations ne parvenant pas à rassembler un minimum de suffrages et avantage les grandes formations.

Certes, cela a pour avantage de permettre à une majorité claire de se dégager ; mais cela est-il un bien pour la démocratie, pour l'indépendance des pouvoirs, pour l'affirmation de la volonté du peuple ? Je n'en suis pas persuadé.

Pour ne prendre que l'exemple qui m'est évidemment le plus cher, le MouvDem, qui est parvenu à rassembler, sous la houlette de François Bayrou, près de 19% des électeurs au premier tour de l'élection présidentielle, et qui a attiré plusieurs dizaines de milliers de personnes lors de l'annonce de sa création - combien de partis peuvent se prévaloir d'un tel engouement de la base ? - risque fort de ne pas avoir plus de dix députés (c'est la borne haute de la fourchette donnée aujourd'hui par TNS Sofres Unilog), soit 1,7% des sièges... Dix fois moins que le score du premier tour avec un résultat pourtant estimé à 15% des suffrages aux élections législatives.

On parle depuis longtemps d'une crise de la représentativité en France. L'enthousiasme avec lequel les Français sont allés voter aux deux tours de la présidentielle semblait la démentir. Mais en se voyant au final si peu représentés, en constatant que le Président qu'ils ont élu avec 53% de leurs suffrages, est appuyé par une majorité de 63 à 72% des sièges à l'Assemblée, ne risquent-ils pas de penser que leur vote, leur choix conscient du premier tour, n'a compté pour rien ?

Il est décidément temps pour la politique française de changer ; une réforme des institutions est nécessaire : notre régime, censé être un bon compromis entre un parlementarisme parfois paralysant et un système présidentiel où tout est par trop concentré, est en train de se diriger très franchement vers la deuxième solution - au point qu'on a même l'impression que le gouvernement ne va même plus diriger, mais gérer la bonne application des décisions prises par le président - et je ne pense pas que ce soit un bien pour notre pays. La manière de faire de la politique, et notamment de la politique parlementaire, doit également se modifier : le temps d'une opposition constructive, d'une politique d'arbitrages, de concessions faites de part et d'autre de l'échiquier politique pour le bien commun, pour le bien du pays, doit petit à petit advenir. C'est ce que devront défendre, par leur attitude reponsable, ceux de nos candidats que le suffrage populaire aura permis de nous représenter à l'Assemblée Nationale. C'est que nous, les militants, devrons défendre, sur le terrain, au cours des années à venir !

Le MoDem est un mouvement ouvert ; nous sommes prêts à y accueillir toutes les bonnes volontés, tous les partisans de l'action concertée, du travail d'équipe opposé à la destruction systématique des idées de "ceux d'en face", forcément mauvaises parce qu'elles ne sont pas les nôtres.

Je crois fermement qu'aucun camp ne détient la vérité, la solution ultime, et que pour la trouver, il nous faut tout d'abord parvenir à convaincre qu'il est indispensable de travailler ensemble !

Commentaires

Une analyse très pertinente!

Ecrit par : Nicolas Vinci | 23.05.2007

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