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12.06.2007
François Bayrou ne donne pas de consigne pour le deuxième tour
Qu’écrire d’autre sinon : « bien dit » ! Et que voulions-nous qu’il dise d’autre ? Comme pour le second tour de la présidentielle, François Bayrou laisse les électeurs des candidats du MoDem libres de leur vote de dimanche prochain ; c’est même encore plus net qu’entre les deux tours de l’élection à la magistrature suprême, puisqu’il n’a pas répondu à l’appel de Royal – ni, du reste, à celui de Raffarin.
Les électeurs du MoDem sont, par définition, libres ! Il n’est un secret pour personne que nous sommes issus de tendances très diverses et qu’un mot d’ordre de vote nominal (ou plutôt partisan) serait un non-sens. J’ai encore beaucoup lu aujourd’hui l’antienne du « ni-ni » entendu comme une faiblesse, comme une couardise. C’est un contresens (et en traduction, ça vaut cher ! plus encore que le seul faux-sens que l’on pourrait percevoir) : c’est une force au contraire que de se réaffirmer indépendant, de ne pas vouloir rentrer dans le jeu des négociations. Si les conséquences à court terme sont rudes, nous réaffirmons ainsi que nous ne nous laisserons pas récupérer. Il est d’ailleurs particulièrement amusant de nous voir une nouvelle fois courtisés par les deux camps, étant donné un score qui, s’il est assez exceptionnel pour un mouvement si jeune, reste tout de même modeste… Nous n’avons, de toute façon, pas grand-chose à négocier puisque seuls cinq de nos candidats peuvent se maintenir au second tour et que parmi eux, rares sont ceux qui sont vraiment en position favorable pour l’emporter au soir du 17 juin.
Certes François Bayrou, comme Marielle de Sarnez dans la 11ème circonscription de Paris, s’il n’a pas désigné le camp pour qui il faut voter et a demandé à ses candidats de ne pas le faire localement (avec quelques insuccès par-ci, par-là), a bien appelé à un sursaut pour l’équilibre des pouvoirs. Mais qui pourra vraiment le lui reprocher, alors que cet équilibre, la volonté d’une représentation véritable des opinions de la nation, et par-dessus tout l’indépendance du centre qui, après le refus de François Bayrou d’inféoder l’UDF à l’UMP au cours de la dernière législative, est véritablement né au cours de la campagne présidentielle, ont été les piliers fondateurs du discours du président du MoDem ?
Par suite, quelques réflexions, nées de mes lectures de ce début de semaine et de discussions hier soir, au siège du MoDem, lors d’une rencontre avec les candidats parisiens et leurs équipes de campagne : quelle est la légitimité d’un mode de scrutin qui donne, en projection de sièges, sept fois plus de places à un mouvement qui remporte dans le même temps trois fois moins de voix que l’autre ? Quel est l’intérêt du scrutin uninominal à deux tours, local, pour une fonction, une charge, qui devrait avant tout être nationale ? Un député siège pour légiférer, son mandat est national. Ne devrait-il pas en être de même du scrutin qui l’élit ?
Ce type de réflexion aura, j’en suis persuadé, cours lors des réunions qui vont se tenir, très nombreuses partout en France, pour préparer le congrès fondateur qui devrait avoir lieu en octobre.
16:35 Publié dans Mouvement Démocrate, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, modem, législatives, consigne, second tour
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