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28.06.2007
Aliéna, de Jean-François Coatmeur
Sur une trame double mais néanmoins très simple, Jean-François Coatmeur parvenait, dès son troisième roman (publié en 1968 après Chantage sur une ombre en 1963 et Nocturne pour mourir en 1964) à installer un suspense que la brièveté du texte (moins de 160 pages) rend haletant.
Deux femmes sont les personnages centraux de ce roman : Anne et Françoise, à qui l'auteur consacre alternativement ses "chapitres".
La première est convalescente à domicile, entourée de son mari Marc, chirurgien de renom, et d'une garde-malade, Sigrid. Petite particularité : elle est amnésique et sujette à de fréquentes crises d'angoisse qui génèrent chez elle d'affreux cauchemars.
La seconde est un fantôme : elle est décédée mais sa soeur Mona (qui est le véritable deuxième personnage central d'Aliéna) vit un peu comme si elle était seulement partie de chez elles (Mona veille sur sa petite soeur depuis que leur grand-même Victorine, qui les élevait, est morte). Un policier s'intéresse (professionnellement !) à elle.
C'est tout l'art de Coatmeur de mêler ces deux trames, sans en avoir l'air, en les liant petit à petit par des éléments parfois ambigus. C'est ainsi que j'ai compris assez rapidement l'un des éléments de l'intrigue, mais je pense que c'était voulu tellement le moment où j'ai eu ma "révélation" est un temps fort du premier tiers du roman (cela dit, j'avais déjà des doutes dès les premières pages !).
Les dernières pages sont un véritable tourbillon (j'appelle ce type de fin une fin à la Scoubidou : la première fin en cache une deuxième qui en cache une troisième !) où l'on apprend enfin le fin mot de l'histoire.
Le style est daté, mais pas au sens où il serait désormais difficile à supporter : il va très bien à l'environnement dans lequel évoluent les personnages. On est très clairement au beau milieu des années soixante, et on imagine sans peine les tenues vestimentaires et les coupes de cheveux, les meubles dans les maisons ou appartements... Quant au rendu psychologique, il est parfait : on rentre très bien dans l'esprit des protagonistes centraux.
Enfin, il s'agit très clairement d'un roman à suspense, et pas d'un roman policier, puisque la police, si elle est présente, n'occupe pas le premier rôle - apparemment, les premiers romans de Coatmeur sont plus proches des policiers classiques ou, du moins, des policiers type "Maigret".
14:24 Publié dans Littérature - Romans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : coatmeur, aliena
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