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30.08.2007

La fille coupée en deux - Claude Chabrol

3bfa8d0c760afa1f1540970504552a06.jpgCharles Saint-Denis, écrivain à succès, vit reclus dans sa propriété des environs de Lyon avec sa femme Donna. Capucine, son éditrice, le convainc de participer à une émission littéraire diffusée par la chaîne de télévision locale. Dans les studios, il fait la connaissance de Gabrielle Deneige, la jeune présentatrice de la météo. Quelques jours plus tard, lors d’une séance de signature de son dernier ouvrage dans une librairie du centre-ville, il rencontre de nouveau la jeune femme, dont la mère travaille dans la librairie (je me demande même si ce n’est pas SA librairie, mais bon, passons). Il retombe sous son charme, et lui propose de se rendre en sa compagnie à une vente aux enchères de raretés bibliographiques. Charles offre à Gabrielle l’édition originale d’un roman de Louÿs acheté à la vente, puis l’emmène dans son appartement. Elle lui tombe dans les bras.

Mais un autre homme a été ébloui par la jeune présentatrice : il s’agit de Paul Gaudens, l’héritier du laboratoire Gaudens, qui la poursuit de ses assiduités bien qu’il sache qu’elle a une liaison avec l’écrivain. Paul est un garçon un peu bizarre, tantôt très assuré et très immature. Ses relations avec sa mère et ses sœurs sont exécrables, et il est sans cesse accompagné d’un garçon de son âge, dont on se rend très vite compte qu’il est autant là pour lui tenir compagnie que pour canaliser ses débordements...

La fille coupée en deux est le meilleur film de Claude Chabrol depuis fort longtemps ! J’y ai pris autant de plaisir que lors de la sortie de Merci pour le chocolat, plus que quand j’ai vu La demoiselle d’honneur (qu’il faudrait que je revoie, cependant, j’ai l’impression de le sous-estimer a posteriori) et infiniment plus qu’avec La fleur du mal ou L’ivresse du pouvoir.

Si l’argument de ce nouvel opus est simplissime (le triangle amoureux, la jalousie), le scénario le complique à souhait par la nature des personnages, les divers milieux dans lesquels ils évoluent. La direction d’acteur, la réalisation, la photographie sont parfaites, le sens du suspense qu’on connaît à Chabrol est une fois de plus totalement maîtrisé, et l’on ressort groggy après une dernière pirouette !

Le scénario s’inspire, en transposant l’histoire en France et à notre époque, d’un fait divers qui a eu lieu au début du XXème siècle à New York. Ragtime, roman de E.L. Doctorow, était aussi une variation sur ce thème.

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