07.01.2008

Chroniques, de Bob Dylan

d8df51232771c4856f11dd47e1f43b86.jpgRevenant sur l'ensemble de sa carrière, Bob Dylan se dévoile dans un beau texte qui nous fait parcourir, en même temps que la carrière du chanteur, les différentes époques dans lesquelles elle s'est inscrite.

Agréable à lire, ces Chroniques mettent quelques pendules à l'heure, sans toutefois détruire totalement le mythe qui s'est installé autour de cette personnalité très originale.

A voir, même par ceux qui ne seraient pas des pontes dylaniens, le très beau film de Todd Haynes, I'm not there, en ce moment sur les écrans.

Dreams from my father, de Barack Obama

e69eae093cfd1e80429d3f70f7fd71ce.jpgDans ce livre publié il y a une quinzaine d'années, l'homme qui allait plus tard devenir Sénateur de l'Illinois explique son parcours, ses origines, sa position particulière mais partagée par de nombreux américains (de père kényan et de mère américaine blanche), il a dû faire face aux préjugés des deux groupes), ses débuts de "lien", d'organisateur de la communauté noire dans les quartiers sud de Chicago dans les années 1980, et son retour aux origines, lors d'un voyage au Kenya. Si tout n'y est pas toujours du plus haut intérêt, et si l'on sent de temps en temps la (re)construction d'un personnage public, il faut bien souligner que, la plupart du temps, le texte semble très sincère, et n'est là que pour permettre une mise dans une perspective plus large de son expérience particulière.

Cela donne envie de creuser le personnage, et de s'intéresser véritablement à ce qu'il a à dire aujourd'hui aux Etats-Uniens. Son ouvrage le plus récent, L'audace d'espérer : une nouvelle conception de la politique américaine, fera partie de mes prochaines lectures dans ce domaine ! Je suis persuadé qu'il y a beaucoup à en tirer pour notre mouvement...

04.12.2007

Déchiffrer l'économie, de Denis Clerc

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Je relis ce petit bouquin très bien fait (pas franchement d'inspiration néo-libérale, puisque son auteur est l'un des piliers d'Alternatives Economiques), qui démonte les rouages de l'économie et, à l'instar de ce que peut faire un Bernard Maris avec son Antimanuel d'Economie, défait les idées fausses sur le capitalisme et l'économie de marché. Salutaire.

Mulholland Drive, sous la direction de Nathalie David et Cyrille Habert

d2a36c4429979c065046973b66c425c4.jpgIl s'agit de cinq essais qui abordent des thèmes différents du film, ou plutôt qui attaquent chacun le film sous un angle différent, et d'un entretien fort intéressant sur le son dans Mulholland Drive et, au-delà, dans le cinéma de David Lynch.

Le premier essai, "This is the girl", leimotiv du film puisqu'on l'entend, en tout, une demi-douzaine de fois, est un peu compliqué à suivre... On peut tout du moins en dégager qu'il étudie le film sous l'angle de la déconstruction de l'actrice comme icône américaine. Passons.

L'essai suivant m'a beaucoup plus plu : intitulé "Filmer comme peindre", il s'attache à la technique tout particulière de Lynch, déjà éprouvée avec Lost Highway et qui trouve un paroxysme dans Inland Empire. L'auteur dégage ainsi la conclusion qu'il faut prendre un film (de ce type-là, dans lequel on peut inclure Eraserhead) de Lynch comme un tableau en cours de réalisation : ne pas chercher nécessairement de continuité car le peintre, quand il revient à sa toile, repart de zéro ou presque, avec pour seul point de départ un fond de toile déjà garni. Il peut changer complètement de direction ou continuer à creuser le sillon entamé lors de sa séance précédente. C'est pourquoi il est si difficile de "suivre" un film de Lynch ; il faut se laisser porter par les impressions, qui sont beaucoup plus révélatrices et significatives que le scénario à proprement parler. D'ailleurs, tout y invite : même l'image, imprégnée de matière (couleur, textures...) se rapproche de la peinture. On peut d'ailleurs remarquer plusieurs références à des peintres dont Lynch (lui-même peintre !) est grand amateur : Hopper (une scène où Diane est debout, en peignoir, dans sa cuisine dans la deuxième partie du film), Bacon (l'image du cadavre sur le lit, à la fin de la première partie).

"Corps à l'épreuve" : analyse de la contrainte subie par le corps de Betty/Diane dans le film, dans le cadre en tout cas, où elle est toujours rejetée à l'extrémité, contrairement à celui de Rita/Camilla, beaucoup plus libre. C'est une des techniques utilisées par Lynch pour nous faire ressentir le malaise de Diane, et son ressentiment, sa haine même, pour Camilla.

"This is the box" se concentre sur l'objet mystérieux et central du film : la boîte bleue par laquelle les protagonistes de la première partie accèdent au club Silencio. L'auteur l'analyse comme "crypte" au sens de Derrida, c'est-à-dire le for intérieur - entre autres.

"No Hay Banda!" est un entretien de Cyrille Habert avec Yan Maresz, ingénieur du son sur ce film. Il expose les techniques de Lynch pour utiliser le son, la manière dont tous, absolument tous les sons, de l'ambiance à la musique originale, sont retravaillés par le réalisateur (ou du moins sous sa direction) pour créer un univers sonore irréel et envoûtant.

Enfin, "Du tragique à l'inquiétant" explique comment Lynch, à partir d'un matériau (l'idée originale du film) qui pourrait donner une oeuvre tragique (les éléments de base sont tous là !), construit un tableau qui inspire la crainte diffuse mais très profonde plutôt que la compassion.

J'ai globalement beaucoup aimé ce recueil d'essais ; j'ai été plus fortement touché par "Filmer comme peindre" et l'entretien avec Yan Maresz, mais tous sont intéressants et éclairent le film d'une lumière nouvelle ou du moins exposent des hypothèses, des interprétations intéressantes.

Surtout, ils donnent très envie de revoir (encore !) le film, équipé de ces quelques données théoriques ou plus avérées (certains indices laissés par Lynch s'adressent vraiment à un public très restreint !!!).

08.09.2007

L'individualisme est un humanisme, de François de Singly

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Dans cet essai, le sociologue François de Singly dessine l'idéal d'une société où chacun pourrait être un "individu à part entière", libre de soi, des ses pensées, de ses sentiments, de ses actes, loin de ce qui est perçu comme le règne du tous contre tous.

L'Homme ne peut être véritablement libre, et ne peut pleinement vivre en société, que s'il existe en tant qu'individu.