06.09.2007
La fin d'une liaison, de Neil Jordan
Quand Maurice Bendrix rencontre, par une nuit pluvieuse, son ami Henry Miles dans les rues de Londres, le passé remonte à la surface. Il y a deux ans qu'ils ne se sont pas vus, et Bendrix, qui voit Henry mal en point, lui propose de le raccompagner chez lui. Il se rend compte en discutant un peu que le problème vient de Sarah, l'épouse de Henry, et que ce dernier est allé jusqu'à prendre les coordonnées d'un détective privé car il soupçonne sa femme de le tromper. Pourtant, il n'est pas allé plus loin, soit par amour pour elle, soit plus prosaïquement par peur de ce que le détective pourrait découvrir.
Bendrix propose à Henry de contacter lui-même le détective, mais Henry refuse. Cependant, Bendrix a retenu l'adresse de l'agence, et il s'y rend pour faire suivre Sarah. Sur ce, la jeune femme appelle Bendrix pour lui proposer un rendez-vous, au cours duquel on comprend qu'ils ont été amants et que leur relation s'est interrompue pour une raison mystérieuse deux ans auparavant.
Ce film est une adaptation saisissante du roman de Graham Greene, envoûtante et mystérieuse, sensuelle et saisissante. La photographie est particulièrement soignée, les décors également. Quant au scénario... c'est du Greene ! ce qui signifie que les personnages sont fouillés, qu'on en sait au final beaucoup sur leur fonctionnement mental. Je lirai prochainement le roman (acheté hier !), j'en ferai un petit compte-rendu qui complètera bien, je pense, cette très courte note sur son adaptation filmique.
Je ne veux pourtant pas terminer sans saluer le jeu des acteurs, tout en finesse et suivant au plus près l'évolution de leurs personnages. De Ralph Fiennes à Alan Rickman tout en passant, bien sûr, par la grandiose Julianne Moore, tous sont criants de vérité !
16:45 Publié dans Cinéma - DVDthèque | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fin, liaison, jordan, greene, fiennes, moore, rickman
18.05.2007
Next, de Lee Tamahori
Frank Cadillac fait un petit numéro de magie et de voyance dans un cabaret de Las Vegas ; à la différence des autres, il est cependant réellement capable de voir le futur. Oh, pas très longtemps, juste deux minutes, et encore, seulement les événements dont il est (ou sera !) partie prenante.
Callie Ferris, agent du FBI, ne sait pas encore exactement quelles sont les limites du don de Frank (dont le vrai nom est Cris Johnson), mais elle a à coeur de l'enrôler pour l'aider dans sa quête d'une charge nucléaire qui serait sur le point de débarquer sur le sol des Etats-Unis.
De son côté, Cris se rend, matin et soir à 8h00 (et à 20h00, donc) dans un restaurant où il espère rencontrer celle dont il pense qu'elle est la femme de sa vie, et qu'il a, exceptionnellement, "vue" bien plus de deux minutes à l'avance. Pendant plusieurs jours, 8h09 et 20h09 (l'heure précise où, dans sa vision, se produit la rencontre) passent sans que rien ne se produise. Puis, une semaine après qu'il a eu son flash prémonitoire, elle entre dans le restaurant à l'heure prévue. Après quelques péripéties, il finit par s'approcher d'elle, et ils quittent ensemble le restaurant, Ferris à leurs trousses.
Adapté de L'homme doré, une nouvelle de Philip K. Dick (dont l'oeuvre avait déjà, dans l'histoire récente du cinéma, donné naissance au Minority Report de Steven Spielberg), Next est très divertissant (action, retournements de scénario dus au don de Cris, histoire d'amour...) mais est réellement un ton ou deux en-dessous de la manière dont Spielberg avait su faire passer l'univers "dickien" à l'écran. Ici, l'ambiance glacée de l'anticipation que l'on retrouve chez l'auteur américain est complètement édulcorée, et l'on se trouve devant un film d'action qui n'a rien de particulier ; les méchants sont très méchants (et parlent français, sans que l'on sache bien de quel pays ils viennent), les gentils sont vraiment des gentils, et les flics sont très cyniques.![]()
Je ne suis pas un grand fan de Tamahori, dont je n'ai véritablement apprécié que le premier film, L'Âme des guerriers. Il y gardait on ne peut plus le contact avec son ascendance, ses traditions mahori. Il y avait du contenu, une grande force (une grande violence aussi...) dans cette première oeuvre. Depuis, je le trouve sans âme véritable.
Que dire des acteurs ? Pas grand-chose, en fait. Aucun d'entre eux ne donne la pleine mesure de son talent. Cage - mais cela commence à devenir une habitude - n'est pas très inspiré. Quant à Julianne Moore, on la sent à l'étroit dans ce rôle d'agent spécial obnubilée par l'objectif à atteindre, et dont l'humanité ne perce qu'à de très rares moments. Enfin, Jennifer Biele n'a qu'un rôle de faire-valoir...
Globalement, n'allez voir Next que si vous avez besoin de ne pas penser à ce qui se passe, pour vous, dans la vraie vie - c'était mon cas, et le film a bien rempli son rôle : réussir à me faire passer deux heures pendant lesquelles je ne ressassais pas mon chagrin du moment.
11:10 Publié dans Cinéma - Sur les écrans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nest, Cage, Moore, Tamahori