12.11.2007

Le Goncourt des lycéens à Philippe Claudel

02e457232f42323db506d876669bc31d.jpgLe jury qui s'est réuni aujourd'hui a annoncé l'attribution du Goncourt des lycéens au Rapport de Brodeck de Philippe Claudel que j'ai, personnellement, beaucoup aimé.

D'ailleurs, je suis souvent d'accord avec le choix de ce jury... plus qu'avec celui de ses aînés.

26.10.2007

Le rapport de Brodeck, de Philippe Claudel

af4803378bada6f11b0d50b806908887.jpgAlors que de nombreux hommes du village ont commis l'irréparable envers un étranger installé depuis peu parmi eux, Brodeck, habitué des rapports en tous genres envoyés au gouvernement de la province, est chargé d'écrire la chronique des événements qui ont mené au drame.

Ce que Claudel nous donne à lire, ce n'est pas le rapport lui-même, que Brodeck limite volontairement au récit brut des faits, aux témoignages des acteurs, mais la petite histoire, qui se mêle à la grande, le dessous des tables, l'arrière des rideaux, ce qui se passe la nuit. Brodeck nous parle de lui aussi, beaucoup, parce que lui aussi a été un étranger au village, et parce que la déportation dont il a été victime pendant la guerre qui vient de s'achever l'a changé à jamais.

La langue simple de Claudel permet de se concentrer sur le fond, au-delà même du récit lui-même. Le rapport de Brodeck est un roman sur la différence et la douleur qu'elle peut générer chez l'exclu, sur l'intolérance, sur la résilience aussi, cette capacité de l'humain à se relever des plus grands chocs. C'est évidemment également un roman sur la folie nazie.

Il y a des passages très difficiles (dans le camp mais pas seulement) et des passages poétiques, on y côtoie tour à tour l'amour et la haine, l'intelligence et la bêtise crasse. C'est un roman sur l'âme... blanche ou grise.

25.10.2007

Le rapport de Brodeck, de Philippe Claudel

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Le métier de Brodeck n'est pas de raconter des histoires. Son activité consiste à établir de brèves notices sur l'état de la flore, des arbres, des saisons et du gibier, de la neige et des pluies, un travail sans importance pour son administration. Brodeck ne sait même pas si ses rapports parviennent à destination. Depuis la guerre, les courriers fonctionnent mal, il faudra beaucoup de temps pour que la situation s'améliore. «On ne te demande pas un roman, c'est Rudi Gott, le maréchal-ferrant du village qui a parlé, tu diras les choses, c'est tout, comme pour un de tes rapports.»
A côté du rapport commandé, Brodeck rédige la chronique de son "enquête", revient sur le passé du village, le sien propre, dévoile le pire... Saisissant, écrit dans une langue simple et sans fioriture, un très bon Claudel...