18.09.2007

Un discours mobilisateur

2a68d9cb3169ad8413c049130c33f65b.jpgA ceux qui pouvaient en douter, François Bayrou a prouvé dimanche qu'il n'avait pas perdu la foi, loin de là, et que ses idées sur la société française et la manière de la faire avancer (ou redémarrer, si l'on pense qu'elle s'est arrêtée) sont toujours les mêmes.

Il n'a pas mâché ses mots concernant le type de société voulu par Nicolas Sarkozy et dont le Président a fait une sorte de "démonstration en filigrane" dans ses actions depuis son élection ; à côté d'une réhabilitation de l'argent, Bayrou préfère une réhabilitation du travail, de l’effort, de l’esprit critique, de l’idée de justice, de l’esprit démocratique, de la séparation des pouvoirs, du respect des citoyens, de l’amour de la liberté ; à l'alignement sur le modèle dominant, la résistance à ce modèle dominant dit libéral et qui ne l'est pas, pour que la France continue à porter son idéal de liberté.

Ainsi, de la politique menée par le Président de la République, il dit : "J’ai été frappé depuis longtemps et je le suis encore plus depuis qu’il est au pouvoir, que tous ses choix montrent, même si parfois je soupçonne qu’il ne s’en rend pas compte, ou qu’il en minimise la portée, ses choix montrent qu’il conduit la France non pas à la résistance contre ce modèle dominant, mais à l’alignement sur ce modèle dominant !

Les signes multipliés au monde de l’argent, au CAC 40, aux milliardaires, à l’univers du Fouquet’s, la « pipolisation » de la société, les vedettes éphémères, la vedettarisation de la politique, la jubilation des hot-dogs avec Bush père, Bush mère, Bush couple, - et que j’ai aimé ce jour-là que Cécilia Sarkozy ait une angine blanche !- et qu’aussitôt rentré on se précipite, toutes affaires cessantes, pour envoyer le ministre des Affaires étrangères en Irak, pour y dire tout haut ce que l’administration américaine pense tout bas, et que le ministre de la Défense vienne et explique sans précaution, sans introduction, que, toutes affaires cessantes, il faut cesser de « chipoter » et qu’il faut dare-dare rentrer dans l’OTAN, tout cela - chacun des gestes, pris individuellement, pourrait être maladresse, hâte de novice, geste improvisé – eh bien tout cela fait un système, et ce système, je le crois, ce n’est pas le choix fondamental, historique, des valeurs de la France
".

Bien sûr, la critique du gouvernement n'a pas été le seul axe de ce discours ; nous avons un mouvement à construire, nous devons le faire un peu à part nous, sans se positionner forcément en relation avec les socialistes et les conservateurs. Le message le plus clair est bien celui-ci : nous devons être des Démocrates, prêts à bâtir une internationale démocrate avec les Démocrates du monde. Et pour cela, nous devons proposer un modèle de société basé sur la certitude que "penser l’économique sans penser le social, et vouloir le social sans penser l’économique, c’est se condamner à l’échec, échec par rejet d’un côté, échec par insuffisance de l’autre. Nous voulons au contraire penser en un seul mouvement ce que nous avons appelé la « social-économie » : créativité, solidarité, durabilité !"

Après ça, on a envie de crier : Vive la démocratie, Vive la République, et Vive la France !

17.09.2007

Discours de clôture du Forum des Démocrates

En clôture du Forum des Démocrates réuni en fin de semaine dernière à Seignosse, François Bayrou a rappelé que le Mouvement Démocrate ne devait pas s'affirmer comme du centre (car cela implique de se positionner par rapport à la gauche et à la droite, ce que nous ne voulons pas faire dans l'absolu), mais comme démocrate, que nous proposons un projet alternatif de société face aux deux orientations majoritaires, et beaucoup d'autres choses que je vous laisse le soin de découvrir dans cette vidéo sur le site du Mouvement Démocrate.

 

31.08.2007

Pas de suprise dans le discours de Sarkozy au MEDEF

064b72cbe51b47f6d9414e56d2dfbbf2.jpgL'allocution prononcée hier par le président de la république devant un parterre d'entrepreneurs réunis à l'occasion des universités d'été du MEDEF s'est révélée sans surprise ; le chef de l'Etat y a développé, un peu plus que ce qu'avait pu faire avant lui Christine Lagarde, les dispositions en matière de crédit d'impôt recherche, a annoncé sa deuxième vague de réformes économiques, avec de nouvelles discussions sur un assouplissement des trente-cinq heures, une remise à plat des prélèvements obligatoires et le non-renouvellement d'un poste de fonctionnaire sur deux lors des départs en retraite.

Rien que de très attendu, et beaucoup plus une opération "image" que le discours de rentrée attendu par beaucoup. Malgré la détermination des propos, peu d'annonces concrètes...

A lire à ce sujet, l'intéressant édito du Monde daté de samedi.

07.05.2007

Le discours de François Bayrou, hier soir

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Suite à la proclamation des résultats du second tour, François Bayrou a prononcé l'allocution suivante :

 "La démocratie, ce n'est pas seulement l'affaire des vainqueurs" a déclaré François Bayrou après l'annonce de la victoire de Nicolas Sarkozy. Ceux qui ont gagné et ceux qui n'ont pas gagné "sont coresponsables de l'avenir du pays". Toutes les forces politiques "vont devoir apprendre à travailler ensemble" a-t-il ajouté. François Bayrou a annoncé que sa nouvelle formation, le Mouvement démocrate, prendra toute sa part dans la reconstruction et la rénovation de la vie politique : "les démocrates seront des rénovateurs et des rassembleurs".

"Nicolas Sarkozy est élu président de la République. La campagne électorale nous a souvent opposés. Mais je veux lui adresser mes félicitations et mes vœux de citoyen pour son mandat. Et ces vœux sont en même temps des vœux pour la France.

Je pense à ceux, autour de lui, qui se réjouissent ce soir, en pensant qu’un grand pas a été fait pour eux et pour leur pays. Je souhaite de toutes mes forces qu’ils aient raison.

Mais nombreux aussi sont ceux qui sont déçus et inquiets et ceux-là je ne les oublie pas.

La campagne électorale a été le temps des promesses. Mais la situation du pays est telle que les réalités vont reprendre le dessus. C’est un pays fragile, c’est un pays fracturé, c’est un pays endetté.

Pour se réparer, notre pays a besoin d’être considéré. La France a besoin de redevenir une démocratie, où tout le monde est entendu et où tout le monde est respecté. C’est à ce prix qu’est notre unité nationale.

Et la première loi de la démocratie, c’est que tout pouvoir doit avoir son contre-pouvoir. Personne ne doit avoir le pouvoir tout seul. Je ne ménagerai aucun effort pour faire naître des contre-pouvoirs libres, indépendants, constructifs.

Trop de choses vont se jouer pour l’avenir, qui touchent au social, qui touchent à l’économie, qui touchent à l’unité nationale, pour que le même pouvoir ait tous les leviers de commande entre les mains.

Je le dis à Nicolas Sarkozy : le pouvoir absolu, cela paraît être un confort, on peut décider ce qu’on veut, il n’y a personne pour s’y opposer, mais cela c’est l’apparence. Car il n’y a personne pour vous empêcher de vous tromper. C’est pourquoi quand le pouvoir absolu se trompe il se trompe absolument, et c’est tout le pays, toutes les familles, qui paient l’addition.

Il faut équilibrer le pouvoir. C’est cela l’enjeu des élections législatives. La France donne le pouvoir, oui, elle le donne nettement, mais elle ne doit pas donner tout entier sans aucun équilibre.

En même temps, la démarche de ces contre-pouvoirs doit être constructive.

Chaque fois que le président de la République et son gouvernement proposeront quelque chose de bien, quelque chose qui va dans le bon sens, nous le soutiendrons. Dans ces circonstances, nous voterons oui et nous nous engagerons. Nous serons constructifs et positifs.

Mais nous serons vigilants. Chaque fois que nous percevrons un risque, nous le dirons de la même manière et nous exercerons ainsi un devoir d’alerte.

Cela exige, pour le bien de la France, de sortir du camp contre camp. On ne peut pas faire la politique de l’avenir en étant pour les uns toujours pour et pour les autres toujours contre. Je suis persuadé qu’il y a des gens de qualité d’un côté et de l’autre et qu’il faut en tenir compte pour une nouvelle approche républicaine.

Dans notre vie politique, toutes les forces politiques de gauche, de droite et du centre vont devoir bouger, vont devoir changer, et apprendre à travailler ensemble plus souvent que les unes contre les autres. Pour ma part, je ne cesserai de travailler à ce changement.

Dès cette semaine, je proposerai de lancer un nouveau mouvement, le mouvement démocrate, qui permettra à tous ceux qui veulent renouveler ainsi la politique, ses mœurs et ses pratiques, la reconstruire et la rénover, de se retrouver et d’agir ensemble.

Les démocrates défendront les libertés publiques. Ils exigeront que l’on dise la vérité aux Français. Ils défendront du même mouvement la modernisation de l’économie, son énergie créatrice, et la justice sociale. Les démocrates défendront l’éducation et la recherche. Ils garantiront la défense de notre patrimoine écologique et climatique. Ils se comporteront en constructeurs d’Europe. Les démocrates seront des novateurs et des rassembleurs.

Je ne veux pas finir sans avoir un mot pour Ségolène Royal, et les autres candidats malchanceux, et tous ceux qui se sont battus pour elles et pour eux. Je connais l’amertume des soirs d’insuccès. Mais je veux leur dire ceci : la démocratie, ce n’est pas seulement l’affaire des vainqueurs ; ceux qui n’ont pas gagné ont aussi leur rôle à jouer dans la modernisation et dans l’équilibre de la France.

En vérité celui qui a gagné, et ceux qui n’ont pas gagné, même s’ils ne le savent pas, ils sont coresponsables de l’avenir du pays.

Nous avons un grand pays en charge, une grande histoire, un grand peuple. Nous devons à ce peuple de conjuguer nos forces pour préparer son avenir.

Je vous remercie."
Le site de campagne de François Bayrou permet d'ores et déjà de remplir un formulaire de pré-adhésion au Mouvement Démocrate, en attendant sa constitution au cours de la journée de jeudi.