03.07.2008

Content, bien sûr, mais...

Bon, ça y est, Ingrid Bétancourt est libre ! Ouf, il y avait tellement longtemps qu'on l'attendait, cette nouvelle-là, qu'on l'espérait, qu'elle semblait proche, puis qu'elle s'éloignait. On a craint pour sa vie, bien sûr... d'où la joie de la retrouver, amaigrie, affaiblie, mais somme toute bien là, capable de parler de longues minutes aux journalistes dès son rapatriement à Bogota. De retour chez les vivants.

Dont acte.

Mais on ne parle que de ça depuis ce matin, de la libération d'Ingrid. J'ai eu l'impression que l'armée colombienne avait monté toute cette opération rien que pour elle, vu le peu de cas qu'on a fait de la libération des autres otages avec elle.

Est-ce un francocentrisme ? Un politicocentrisme ? Je ne sais pas, mais ça m'a désagréablement rappelé décembre 2004. Vous vous souvenez du tsunami en Asie du sud-est ? Eh bien, vous vous souvenez peut-être aussi que les radios et les télés nous bassinaient à longueur de temps avec le décompte des touristes morts, nationalité par nationalité. Les autres ? Les habitants des pays touchés ? Rassemblés dans une fosse commune : plusieurs dizaines de milliers. En lot. Il y en a un peu plus, j'vous les mets quand même, ma brave dame ?

Enfin, voilà, tout ça pour dire que je suis heureux pour elle, heureux pour sa famille, mais aussi pour les autres otages et leurs familles.

Et que je me demande franchement si le sort des otages qui restent au fin fond de la forêt va continuer à intéresser autant de monde en France.