04.07.2008

D'aucuns font mine de s'offusquer...

J'ai entendu ce matin les réactions outrées de Jean-Pierre Raffarin et François Fillon suite aux propos - fort peu diplomatiques il est vrai - de Ségolène Royal, qui disait, pour le moins, son agacement face à la possible récupération politique par notre président bien-aimé de la libération des otages des FARC.

Tout à trac, je dirais que j'ai beaucoup de mal à discerner quel avancée Nicolas Sarkozy a permis dans cette affaire. Il s'était proposé comme médiateur, ce que n'avaient a priori pas refusé les FARC - et encore, mes souvenirs en la matière ne sont plus complètement nets - mais, que je sache, cette médiation n'a pas eu lieu, et c'est bien une opération militaire, très rondement menée et sans bavure, qui a mené à l'issue positive qu'on sait.

Si quelqu'un peut se féliciter, à la limite, c'est George Bush, puisque les Etats-Unis sont un grand soutien de la Force Omega dont la seule mission, depuis dix ans, est de poursuivre et éliminer les FARC...

Cette politique-là me dégoûte un peu...

28.08.2007

Rentrée politique : où le réel reprend sa place

Je n'ai pas, c'est le moins que l'on puisse dire, été très présent cet été... Pas tant par manque de temps que par manque de réelle motivation pour commenter une actualité politique plutôt - et c'est traditionnel - endormie elle aussi, et parce que tout ce qui s'est tout de même fait cet été doit être relu, analysé, à la lumière des nouvelles données économiques récemment annoncées.

Les promesses électorales, pour l'instant, sont tenues : ISF, droits de succession, règles sur les heures supplémentaires... On peut s'en réjouir, et je suis loin de taper sur tout (Loïc, si tu me lis, tu seras content de savoir que je ne suis pas primairement anti-Sarkozy, je pense) !

Reste le problème, qui avait déjà été soulevé pendant la campagne, du financement de ces réformes : or, assez classiquement serais-je tenté de dire, les prévisions de croissance ont été revues à la baisse, et le retard de quelques mois de la reprise annoncée pourrait limiter grandement la marge de manoeuvre du gouvernement.

05.07.2007

Le MoDem s'abstient à l'AN

607147d7b59d0d2619fc6f4203a3ca50.jpgFort d'une majorité confortable et de l'appui des élus du Nouveau Centre, le Premier ministre a désormais l'aval de l'Assemblée pour mener la politique dictée par Nicolas Sarkozy.

Après avoir annoncé qu'il pourrait "donner sa chance au gouvernement" en début de semaine, François Bayrou s'est finalement abstenu lors du vote de la confiance au gouvernement à la suite du discours de politique générale prononcé hier par François Fillon à l'Assemblée Nationale.

Quel enseignement tirer de ce premier vote des élus MoDem (puisque les trois autres députés MoDem ont apparemment voté comme François Bayrou) ? Si l'on regarde les choses de manière positive, on peut affirmer que s'abstenir, c'est ne pas donner carte blanche sans s'opposer frontalement ; en un sens, c'est un peu, mais en creux, "donner sa chance au gouvernement"... A l'inverse, s'abstenir c'est ne pas se prononcer, si l'on veut voir les choses d"une manière moins amène ; il pourra encore être reproché à François Bayrou de se "complaire dans le ni/ni", posture qui lui vaut critiques et quolibets depuis des années.

Mais l'important, c'est le discours qui entoure le vote, et l'on sent bien que c'est pour ne pas faire montre de fermeture d'esprit, tout en conservant son indépendance, que le MoDem ne s'est pas prononcé hier. C'est cet état d'esprit qui devra prévaloir tout au long de la législature, qui permettra à nos députés de juger sereinement, en leur âme et conscience et non mus par une obligation contractée pendant les campagnes électorales de 2007, de la justesse et de la justice des mesures présentées à l'Assemblée Nationale par le gouvernement et les parlementaires de la majorité.

C'est une tâche qui les honore.

20.06.2007

Un gouvernement Fillon II qui s'ouvre encore !

Je ne m'attarderai pas sur les noms des secrétaires d'Etat, car beaucoup a déjà été dit, partout, sur la composition du deuxième gouvernement Fillon : sur la réparation de "l'erreur de casting" Borloo, sur l'arrivée de Fadela Amara et de Rama Yade d'un côté, de Bockel de l'autre, de Santini en provenance du Nouveau Centre, et de Bernard Laporte en provenance du centre... de formation de Marcoussis !

Nicolas Sarkozy poursuit donc son oeuvre d'ouverture à des personnalités de gauche, ose les associations de personnes (Boutin/Amara !). Souhaitons bonne chance au gouvernement dans son action - il y a beaucoup à faire - ainsi qu'aux personnalités de gauche ayant accepté d'y participer : n'oublions pas que l'UMP dispose de la majorité absolue à l'Assemblée Nationale, et que le président va donc pouvoir appliquer son programme, tout son programme. La TVA sociale, après avoir été mise en veilleuse tant bien que mal entre les deux tours des législatives, a été confirmée par Nicolas Sarkozy... comme expérience visant à être étendue si elle donne satisfaction.

Soyons ouverts à l'expérience, mais vigilants sur ses prémisses (à quoi exactement doivent servir les subsides tirés de cetta augmentation de la TVA) et sur ses résultats.

18.05.2007

A moitié ouvert ou à moitié fermé ?

medium_Matignon.jpgSelon qu'on est optimiste ou pessimiste, on jugera que le gouvernement qui va nous être présenté aujourd'hui a toutes les apparences de l'ouverture, quelques apparences de l'ouverture, ou est décidément un joli coup de jarnac porté par Nicolas Sarkozy.

Bien sûr, on ne pouvait s'attendre à un gouvernement totalement progressiste, totalement renouvelé : il faut bien que la politique du président de la République se fasse. Mais les noms des ministres pressentis, on a quand même, pour la plupart, le sentiment de les avoir déjà entendus quelque part - dans la liste des ministres du gouvernement Villepin, par exemple !

L'ouverture à gauche (Kouchner, qui était déjà à la pêche au ministère quand il prônait le rapprochement avec François Bayrou entre les deux tours de la présidentielle) et au centre (Hervé Morin, qui serait ainsi remercié de son ralliement), l'émergence de certaines personnalités, féminines notamment, en vue pendant la campagne (Rachida Dati, Valérie Pécresse), ne peuvent faire oublier certains élements qui viennent malheureusement renforcer les craintes que l'on pouvait nourrir au vu des arguments de campagne du candidat Sarkozy.

Ainsi, ce qu'il annonçait comme un ministère de l'immigration et de l'identité nationale devrait encore voir ses compétences étendues : y seraient ajoutées la coopération et l'aide au développement. Ce qui fait peur, ce n'est pas tant l'ajout de ces compétences-là (après tout, si l'on voit les choses de manière positive, on peut espérer qu'à côté de la mise en place d'une "immigration choisie", Brice Hortefeux, qui serait chargé de ce super-ministère, envisage une politique d'aide aux pays d'émigration ambitieuse), que la taille du ministère et la concentration dans les mains d'un fidèle...

Parmi les nouveaux noms : celui de Juppé, tout auréolé de son séjour québécois et qui est désormais le chantre, à l'UMP, du développement durable, de la gestion de l'eau, de l'énergie et des transports. Va-t-on enfin entendre parler de ferroutage ? Cela en tout cas lui promet du boulot - il paraît qu'il est connu pour sa capacité de travail, je lui souhaite bien du courage quand même ! Reste à savoir comment il va s'entendre avec son/sa collègue de l'Industrie...

Autre dossier d'importance, surtout en raison des blocages administratifs auxquels il expose : celui de la scission de Bercy entre ses pôles techniques et ceux ayant trait à la politique économique et de l'emploi. Nous observerons avec curiosité ce "démembrement".

N'oublions pas que tout ceci n'est pour l'instant que conjecture, puisque la composition du gouvernement doit être annoncée dans la matinée. A plus tard pour de plus amples nouvelles !

17.05.2007

Fillon Premier ministre

medium_Fillon.jpgPas de surprise, puisque cela était annoncé depuis plusieurs semaines. François Fillon va prendre ses quartiers à Matignon. Décrit comme un "gaulliste social" et un "fin négociateur", on se souviendra néanmoins des mouvements qu'avaient entraîné sa réforme des retraites...

La passation de pouvoir a eu lieu ce matin à 11h00, la composition du gouvernement sera annoncée demain.

Les noms qui figureront dans la liste, en attendant ceux des secrétaires d'Etat qui seront annoncés après les législatives, donneront une indication de la tournure que prendra le début de l'ère Sarkozy. Tant de noms ont circulé que les surprises pourront être plus nombreuses... et elles donneront lieu à bien des commentaires...

15.05.2007

Sarkozy joue-t-il vraiment l'ouverture ?

medium_sarkozy1bu8.jpgAlors que les discussions fleurissent, qu'elles semblent toucher l'ensemble de l'échiquier politique, le visage du futur gouvernement (dont il fait très peu de doutes désormais qu'il sera emmené par François Fillon) reste très flou.

C'est que Nicolas Sarkozy, s'il veut satisfaire à ses promesses électorales, a une partie serrée à jouer. A vouloir à la fois réunir un gouvernement ramassé, paritaire entre homme et femmes et ouvert politiquement, il devrait être amené à faire de nombreux mécontents... et à semer la zizanie un peu partout.

D'où ma question, posée en titre de cette courte note : la volonté affichée par notre président élu d'ouvrir son gouvernement, y compris à la gauche puisque le nom de Bernard Kouchner revient avec insistance, est-elle franche, ou n'est-elle qu'une "mesure" cosmétique, destinée avant tout à brouiller le jeu en se posant, comme il l'avait du reste fait au soir de son élection, comme rassembleur, reprenant ainsi à son compte la ligne de pensée de François Bayrou, mais, à mon avis, en la dévoyant ?

Je fais en effet le pari que le but de Sarkozy, bien plus que de faire travailler ensemble différents courants politiques pour le bien du pays, est d'attirer à lui des personnalités de divers partis pour mieux soit les étouffer (comme il tente si visiblement de le faire avec le MD), soit les mettre en porte-à-faux. Il aurait ainsi beau jeu de critiquer toute opposition du PS par la suite si Kouchner acceptait un portefeuille : "Eh bien quoi ? Vous n'êtes pas d'accord ? Mais l'un des vôtres me suit..."

Pieds et poings liés, d'accord, mais il le suivrait en effet ! ;o)