18.06.2007
Le MoDem, arbitre du second tour
Le surprenant résultat du second tour des élections législatives, qui permet à l'Assemblée Nationale, bien que dominée par l'UMP, de ne pas être monochrome, a prouvé une chose : il existe bel et bien un électorat MoDem, et il sait ce qu'il veut. En l'occurrence, il a choisi de tenter de garantir l'application des règles démocratiques du débat et de la contradiction.
Bien sûr, dans les faits, et sauf dans de rares cas, le vrai débat démocratique n'aura plus lieu dans l'hémicycle de l'Assemblée Nationale, puisque le parti présidentiel dispose de la majorité absolue des sièges, mais la déconvenue du camp majoritaire, qui se voyait déjà en encore meilleure posture qu'au soir du second tour des élections législatives de 1993, va peut-être nous éviter le triomphalisme et le gouvernement à la hussarde auquel nous aurions pu avoir droit si l'UMP avait occupé 400 ou plus des sièges de la chambre basse du Parlement.
Du reste, la défaite d'Alain Juppé, numéro deux du gouvernement, doit poser un problème de taille à Nicolas Sarkozy, qui a indiqué que le superministère dont avait échu le maire de Bordeaux ne serait pas remanié. Qui d'autre mettre à cette place ?
Une nouvelle course aux ministères s'ouvre donc, avec un vrai remaniement (sur un poste en tout cas), alors que la démission du gouvernement ne devait être là que pour respecter la lettre de la loi.
Quant au MoDem, dont les quatre députés (belle surprise pour Jean Lassalle, dont la triangulaire n'était pas facile à emporter !) pourront appliquer les préceptes d'ouverture d'esprit prônés par François Bayrou, une ère de construction l'attend, et ce second tour, en prouvant l'existence de son électorat (après que sa base militante eut montré sa force), est de très bon augure pour la suite.
17:32 Publié dans Mouvement Démocrate, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : législatives, MoDem, MouvDem, assemblée nationale, bayrou, lassalle, juppé
18.05.2007
A moitié ouvert ou à moitié fermé ?
Selon qu'on est optimiste ou pessimiste, on jugera que le gouvernement qui va nous être présenté aujourd'hui a toutes les apparences de l'ouverture, quelques apparences de l'ouverture, ou est décidément un joli coup de jarnac porté par Nicolas Sarkozy.
Bien sûr, on ne pouvait s'attendre à un gouvernement totalement progressiste, totalement renouvelé : il faut bien que la politique du président de la République se fasse. Mais les noms des ministres pressentis, on a quand même, pour la plupart, le sentiment de les avoir déjà entendus quelque part - dans la liste des ministres du gouvernement Villepin, par exemple !
L'ouverture à gauche (Kouchner, qui était déjà à la pêche au ministère quand il prônait le rapprochement avec François Bayrou entre les deux tours de la présidentielle) et au centre (Hervé Morin, qui serait ainsi remercié de son ralliement), l'émergence de certaines personnalités, féminines notamment, en vue pendant la campagne (Rachida Dati, Valérie Pécresse), ne peuvent faire oublier certains élements qui viennent malheureusement renforcer les craintes que l'on pouvait nourrir au vu des arguments de campagne du candidat Sarkozy.
Ainsi, ce qu'il annonçait comme un ministère de l'immigration et de l'identité nationale devrait encore voir ses compétences étendues : y seraient ajoutées la coopération et l'aide au développement. Ce qui fait peur, ce n'est pas tant l'ajout de ces compétences-là (après tout, si l'on voit les choses de manière positive, on peut espérer qu'à côté de la mise en place d'une "immigration choisie", Brice Hortefeux, qui serait chargé de ce super-ministère, envisage une politique d'aide aux pays d'émigration ambitieuse), que la taille du ministère et la concentration dans les mains d'un fidèle...
Parmi les nouveaux noms : celui de Juppé, tout auréolé de son séjour québécois et qui est désormais le chantre, à l'UMP, du développement durable, de la gestion de l'eau, de l'énergie et des transports. Va-t-on enfin entendre parler de ferroutage ? Cela en tout cas lui promet du boulot - il paraît qu'il est connu pour sa capacité de travail, je lui souhaite bien du courage quand même ! Reste à savoir comment il va s'entendre avec son/sa collègue de l'Industrie...
Autre dossier d'importance, surtout en raison des blocages administratifs auxquels il expose : celui de la scission de Bercy entre ses pôles techniques et ceux ayant trait à la politique économique et de l'emploi. Nous observerons avec curiosité ce "démembrement".
N'oublions pas que tout ceci n'est pour l'instant que conjecture, puisque la composition du gouvernement doit être annoncée dans la matinée. A plus tard pour de plus amples nouvelles !
09:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gouvernement, fillon, juppé, dati, pécresse, sarkozy, développement durable