05.11.2007

Nicolas Sarkozy se pose en défenseur du caractère sacré de l'argent public

Dans une allocution prononcée à l'occasion des cérémonies du deux centième anniversaire de la Cour des Comptes présidée par Philippe Seguin, le président de la République a posé cette vénérable institution napoléonienne en défenseur de l'orthodoxie en matière de dépenses publiques.

Nicolas Sarkozy a demandé à la cour des comptes d'engager "une réflexion collective" pour définir ce que "pourraient être les pouvoirs, les moyens et l'organisation" de l'institution appelée à devenir le "grand organisme d'audit et d'évaluation des politiques publiques dont notre Etat a besoin".

Il a défendu l'idée que l'argent public est sacré, "parce que les besoins sont toujours plus grands que les ressources". Il faut donc une "révolution" dans les mentalités.

Pour le président de la République, la révolution est en marche :  il a ainsi rappelé qu'il avait demandé à ce que le budget de l'Elysée soit désormais contrôlé par la Cour des Comptes et le salaire du chef de l'Etat fixé par la loi.

Evidemment, cela ne fonctionne que dans la mesure où la séparation des pouvoirs est effective...

30.10.2007

Etait-ce le moment de multiplier son salaire par 2,4 ?

Je ne critique pas le niveau de salaire auquel le président de la République va accéder : après tout, 20000€, pour endosser toutes ces responsabilités, ce n'est pas si cher payé.

Non, ce qui me gêne plus, c'est le fait que ce "réajustement" qui mettra par ailleurs Nicolas Sarkozy (et ses successeurs, ne l'oublions pas !) au niveau de ses collègues européens, se fasse d'un coup, comme ça. Il s'agit quand même d'une augmentation de 140%, d'une multiplication du salaire par 2,4 !

Evidemment, ce ne sont pas les 144000 euros annuels supplémentaires qui vont grever le budget de l'Etat, mais à un moment où l'on prône (sans toujours la respecter d'ailleurs) la limitation des dépenses, disons que l'effet en termes de communication est assez contestable...

Qu'en dites-vous ?