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31.05.2007

La petite fille et la cigarette, de Benoît Duteurtre

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Cent ans de solitude, de Gabriel Garcia Marquez

a72891b776a2dff07807055deda62883.jpgJ'ai beaucoup aimé Cent ans de solitude ! J'y ai retrouvé l'espèce de fièvre que j'associe toujours à l'Amérique latine, celle que j'avais ressentie quand j'ai vu Mission, de Roland Joffé, pour la première fois, celle que j'ai ressentie, aussi, à la lecture des poèmes de Supervielle (qu'il faut que je relise, d'ailleurs !), mais aussi le sentiment éprouvé à la lecture de certains passages de Au coeur des ténèbres de Conrad pour l'ambiance étouffante de la forêt.

Ca foisonne, on est toujours à la limite de la folie (une sensation renforcée par la répétition des prénoms, de génération en génération, de père en fils et d'oncle en neveu), voire on y est complètement (le personnage de la recluse Rebecca est très impressionnant, celui du premier des Buendia est pathétique), et la matriarche Ursula règne là-dessus, même si elle se trouve parfois un peu débordée... Le vieux colonel Aureliano Buendia, quant à lui, n'est pas loin de me faire penser aux "colonels" de Faulkner, le vieux Sartoris notamment.

En outre, j'ai beaucoup aimé la langue de Garcia Marquez, que je lisais pour la première fois : elle contribue à donner cette ambiance. Tour à tour lente et paresseuse, puis concise, ramassée, nerveuse, elle mime les rythmes de vie des personnages, placides ou guerriers, conservateurs ou libéraux (quels coups prennent les politiques de tous bords !), hommes, femmes et animaux (il est d'ailleurs question d'enfants à queue de cochon) emportés dans le même tourbillon fiévreux dont on ne sait s'il est dû aux agissements du vieux gitan Melquiades ou à l'influence de la nature sur les comportements humains.

Un roman magistral !

Pourfendeur de nuages, de Russell Banks

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24.05.2007

Il fait comme tout le monde... mais ça se voit plus !

En "installant" le directeur adjoint de sa campagne présidentielle, Laurent Solly, parmi les tout premiers postes exécutifs de la chaîne de télévision de Martin Bouygues, TF1, Nicolas Sarkozy opère un "reclassement" qui peut paraître habituel au lendemain d'une échéance électorale : tant d'autres l'ont fait avant lui !

Là où la donne change quelque peu, c'est que cela se fait au grand jour, voire à renforts de trompette annonçant, outre cette entrée de Solly à TF1, l'arrivée dans les cercles les plus restreints du pouvoir (à l'Elysée et à Matignon) de deux journalistes en provenance du Figaro et du Point. Cela ressemble fort à un retour d'ascenseur !

Transparence ou cynisme ? Les syndicats de journalistes, mais aussi l'association Reporters sans Frontières, appellent à la vigilance et à la résistance face aux pressions dont Nicolas Sarkozy userait "plus que les autres", pratiques favorisées par ses accointances personnelles avec de grands patrons de la presse écrite et/ou de l'audiovisuel...

23.05.2007

Tempête au "Monde"

e2929b4b53ce2034e9804f1c43c9f633.jpgDéjà ébranlée par les votes négatifs des personnels des magazines et des quotidiens régionaux du groupe Le Monde, la candidature unique à sa propre succession de Jean-Marie Colombani a vu hier s'effondrer ses derniers soutiens, puisque la SRM (Société des Rédacteurs du Monde, qui dispose d'un droit de veto sur les nominations à la tête du groupe) ne lui a accordé sa confiance qu'à un peu moins de 49%, là où il en aurait fallu 60% pour valider la poursuite de la stratégie voulue par l'homme de "l'impératif démocratique" de l'avant-premier tour de la présidentielle (dans un édito, Colombani avait réduit aux deux seules candidatures de Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy le choix qui se proposait à ses lecteurs...) et du "face-à-face PS/UMP" des législatives (un peu plus justifié par le mode de scrutin, il est vrai).

Si les hautes instances du groupe de presse font pour l'instant mine d'être prises au dépourvu (Alain Minc a notamment indiqué qu'il n'y avait pas de solution alternative à la réélection de Jean-Marie Colombani), le nom de Pierre Jeantet, numéro deux du groupe et ancien patron de Sud-Ouest, est néanmoins sur toutes les lèvres. Qui a dit qu'il n'y avait pas de plan B ?

22.05.2007

Législatives : et après ?

a90f77e3334bc047e344cb94bdc1cd91.jpgVa-t-on, en 2007, retrouver la configuration qui s'était fait jour au lendemain des élections législatives de 1993 ? C'est ce que semblent, ces derniers jours, préfigurer les divers sondages publiés par les instituts de tendance. Le mouvement, bien sûr, est largement renforcé par le mode de scrutin qui écrase, forcément, les petites formations ne parvenant pas à rassembler un minimum de suffrages et avantage les grandes formations.

Certes, cela a pour avantage de permettre à une majorité claire de se dégager ; mais cela est-il un bien pour la démocratie, pour l'indépendance des pouvoirs, pour l'affirmation de la volonté du peuple ? Je n'en suis pas persuadé.

Pour ne prendre que l'exemple qui m'est évidemment le plus cher, le MouvDem, qui est parvenu à rassembler, sous la houlette de François Bayrou, près de 19% des électeurs au premier tour de l'élection présidentielle, et qui a attiré plusieurs dizaines de milliers de personnes lors de l'annonce de sa création - combien de partis peuvent se prévaloir d'un tel engouement de la base ? - risque fort de ne pas avoir plus de dix députés (c'est la borne haute de la fourchette donnée aujourd'hui par TNS Sofres Unilog), soit 1,7% des sièges... Dix fois moins que le score du premier tour avec un résultat pourtant estimé à 15% des suffrages aux élections législatives.

On parle depuis longtemps d'une crise de la représentativité en France. L'enthousiasme avec lequel les Français sont allés voter aux deux tours de la présidentielle semblait la démentir. Mais en se voyant au final si peu représentés, en constatant que le Président qu'ils ont élu avec 53% de leurs suffrages, est appuyé par une majorité de 63 à 72% des sièges à l'Assemblée, ne risquent-ils pas de penser que leur vote, leur choix conscient du premier tour, n'a compté pour rien ?

Il est décidément temps pour la politique française de changer ; une réforme des institutions est nécessaire : notre régime, censé être un bon compromis entre un parlementarisme parfois paralysant et un système présidentiel où tout est par trop concentré, est en train de se diriger très franchement vers la deuxième solution - au point qu'on a même l'impression que le gouvernement ne va même plus diriger, mais gérer la bonne application des décisions prises par le président - et je ne pense pas que ce soit un bien pour notre pays. La manière de faire de la politique, et notamment de la politique parlementaire, doit également se modifier : le temps d'une opposition constructive, d'une politique d'arbitrages, de concessions faites de part et d'autre de l'échiquier politique pour le bien commun, pour le bien du pays, doit petit à petit advenir. C'est ce que devront défendre, par leur attitude reponsable, ceux de nos candidats que le suffrage populaire aura permis de nous représenter à l'Assemblée Nationale. C'est que nous, les militants, devrons défendre, sur le terrain, au cours des années à venir !

Le MoDem est un mouvement ouvert ; nous sommes prêts à y accueillir toutes les bonnes volontés, tous les partisans de l'action concertée, du travail d'équipe opposé à la destruction systématique des idées de "ceux d'en face", forcément mauvaises parce qu'elles ne sont pas les nôtres.

Je crois fermement qu'aucun camp ne détient la vérité, la solution ultime, et que pour la trouver, il nous faut tout d'abord parvenir à convaincre qu'il est indispensable de travailler ensemble !

21.05.2007

Début de la campagne officielle des législatives

Nous sommes le lundi 21 mai, et c'est aujourd'hui que la campagne des législatives débute officiellement.

Dernières nouvelles du front centriste : alors que François Bayrou réaffirme son indépendance et sa volonté de juger en fonction des solutions législatives proposées par la majorité présidentielle, sans a priori mais sans emprisonnement, les députés sortants UDF ralliés à cette majorité annoncent leur volonté de se regrouper pour créer eux aussi un nouveau parti politique, qui pourrait s'appeler "Nouveau Centre", et auquel pourront adhérer "tous les centristes qui ne se reconnaissent pas dans les orientations choisies par François Bayrou".

Notons que l'ensemble des candidats à la députation présentés par ce mouvement sous l'appellation officielle PSLE (Parti Social Libéral Européen) le sont sous le label "majorité présidentielle"...

Mobilisons-nous pour organiser un contre-pouvoir (ce qui ne signifie évidemment pas une opposition systématique et, par le fait, paralysante pour le pays, mais une garantie démocratique) ! puis soyons, s'il le faut (les projections ne nous créditent que de quatre sièges au maximum) les nouveaux bédouins...

19.05.2007

L'inauguration de la statue du géant Isoré

medium_IMG_2882.JPGCe matin a eu lieu, comme prévu, l'inauguration de la statue d'Isoré, accrochée à la façade de l'école de la Tombe-Issoire.

Vous trouverez quelques photos de ce premier événement de campagne pour Danièle Auffray dans l'album dédié, dans la colonne de droite de cette page.

Bon visionnage !

18.05.2007

Danièle Auffray en campagne

Laurent Haddad, suppléant de la candidate du Mouvement Démocrate dans la 10ème circonscription de Paris, indique aujourd'hui que Danièle Auffray et lui-même seront présents, demain samedi 19 mai, à l'inauguration de la statue du géant Isauré qui se tiendra au 12/14 rue d'Alésia.

Cette statue est la réalisation d'une idée d'un groupe scolaire, financée par trois conseils de quartier du 14ème arrondissement : Montsouris, Mouton-Duvernet, Porte d'Orléans/Jean Moulin.

Cet événement sera l'occasion de rencontrer la candidate, et de lui montrer notre soutien !

Militants MD, venez nombreux !

Next, de Lee Tamahori

medium_NextAffiche.jpgFrank Cadillac fait un petit numéro de magie et de voyance dans un cabaret de Las Vegas ; à la différence des autres, il est cependant réellement capable de voir le futur. Oh, pas très longtemps, juste deux minutes, et encore, seulement les événements dont il est (ou sera !) partie prenante.

Callie Ferris, agent du FBI, ne sait pas encore exactement quelles sont les limites du don de Frank (dont le vrai nom est Cris Johnson), mais elle a à coeur de l'enrôler pour l'aider dans sa quête d'une charge nucléaire qui serait sur le point de débarquer sur le sol des Etats-Unis.

De son côté, Cris se rend, matin et soir à 8h00 (et à 20h00, donc) dans un restaurant où il espère rencontrer celle dont il pense qu'elle est la femme de sa vie, et qu'il a, exceptionnellement, "vue" bien plus de deux minutes à l'avance. Pendant plusieurs jours, 8h09 et 20h09 (l'heure précise où, dans sa vision, se produit la rencontre) passent sans que rien ne se produise. Puis, une semaine après qu'il a eu son flash prémonitoire, elle entre dans le restaurant à l'heure prévue. Après quelques péripéties, il finit par s'approcher d'elle, et ils quittent ensemble le restaurant, Ferris à leurs trousses.

Adapté de L'homme doré, une nouvelle de Philip K. Dick (dont l'oeuvre avait déjà, dans l'histoire récente du cinéma, donné naissance au Minority Report de Steven Spielberg), Next est très divertissant (action, retournements de scénario dus au don de Cris, histoire d'amour...) mais est réellement un ton ou deux en-dessous de la manière dont Spielberg avait su faire passer l'univers "dickien" à l'écran. Ici, l'ambiance glacée de l'anticipation que l'on retrouve chez l'auteur américain est complètement édulcorée, et l'on se trouve devant un film d'action qui n'a rien de particulier ; les méchants sont très méchants (et parlent français, sans que l'on sache bien de quel pays ils viennent), les gentils sont vraiment des gentils, et les flics sont très cyniques.medium_Next1.jpg

Je ne suis pas un grand fan de Tamahori, dont je n'ai véritablement apprécié que le premier film, L'Âme des guerriers. Il y gardait on ne peut plus le contact avec son ascendance, ses traditions mahori. Il y avait du contenu, une grande force (une grande violence aussi...) dans cette première oeuvre. Depuis, je le trouve sans âme véritable.

 Que dire des acteurs ? Pas grand-chose, en fait. Aucun d'entre eux ne donne la pleine mesure de son talent. Cage - mais cela commence à devenir une habitude - n'est pas très inspiré. Quant à Julianne Moore, on la sent à l'étroit dans ce rôle d'agent spécial obnubilée par l'objectif à atteindre, et dont l'humanité ne perce qu'à de très rares moments. Enfin, Jennifer Biele n'a qu'un rôle de faire-valoir...

Globalement, n'allez voir Next que si vous avez besoin de ne pas penser à ce qui se passe, pour vous, dans la vraie vie - c'était mon cas, et le film a bien rempli son rôle : réussir à me faire passer deux heures pendant lesquelles je ne ressassais pas mon chagrin du moment.

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