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31.08.2007

Sang impur, de Hugo Hamilton

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Petit sondage intéressant

bb64729f987d6acad80e4140d6c62f3f.jpgCe sondage montrera à ceux qui s'inquiètent de voir le président du MoDem s'exprimer aussi peu depuis quelques semaines que sa popularité, ainsi que celle du MoDem, ne sont pas en danger : en septembre, François Bayrou est la quatrième personnalité politique en qui les Français interrogé ont le plus confiance ; quant au MoDem (qui n'a pas encore d'existence légale, faut-il le rappeler !), il est le seul parti, hormis l'UMP, à bénéficier d'un différentiel positif d'opinions favorables et défavorables !

Encourageant, non, à la veille des journées démocrates de Seignosse et avant le congrès fondateur ?

Pas de suprise dans le discours de Sarkozy au MEDEF

064b72cbe51b47f6d9414e56d2dfbbf2.jpgL'allocution prononcée hier par le président de la république devant un parterre d'entrepreneurs réunis à l'occasion des universités d'été du MEDEF s'est révélée sans surprise ; le chef de l'Etat y a développé, un peu plus que ce qu'avait pu faire avant lui Christine Lagarde, les dispositions en matière de crédit d'impôt recherche, a annoncé sa deuxième vague de réformes économiques, avec de nouvelles discussions sur un assouplissement des trente-cinq heures, une remise à plat des prélèvements obligatoires et le non-renouvellement d'un poste de fonctionnaire sur deux lors des départs en retraite.

Rien que de très attendu, et beaucoup plus une opération "image" que le discours de rentrée attendu par beaucoup. Malgré la détermination des propos, peu d'annonces concrètes...

A lire à ce sujet, l'intéressant édito du Monde daté de samedi.

30.08.2007

La fille coupée en deux - Claude Chabrol

3bfa8d0c760afa1f1540970504552a06.jpgCharles Saint-Denis, écrivain à succès, vit reclus dans sa propriété des environs de Lyon avec sa femme Donna. Capucine, son éditrice, le convainc de participer à une émission littéraire diffusée par la chaîne de télévision locale. Dans les studios, il fait la connaissance de Gabrielle Deneige, la jeune présentatrice de la météo. Quelques jours plus tard, lors d’une séance de signature de son dernier ouvrage dans une librairie du centre-ville, il rencontre de nouveau la jeune femme, dont la mère travaille dans la librairie (je me demande même si ce n’est pas SA librairie, mais bon, passons). Il retombe sous son charme, et lui propose de se rendre en sa compagnie à une vente aux enchères de raretés bibliographiques. Charles offre à Gabrielle l’édition originale d’un roman de Louÿs acheté à la vente, puis l’emmène dans son appartement. Elle lui tombe dans les bras.

Mais un autre homme a été ébloui par la jeune présentatrice : il s’agit de Paul Gaudens, l’héritier du laboratoire Gaudens, qui la poursuit de ses assiduités bien qu’il sache qu’elle a une liaison avec l’écrivain. Paul est un garçon un peu bizarre, tantôt très assuré et très immature. Ses relations avec sa mère et ses sœurs sont exécrables, et il est sans cesse accompagné d’un garçon de son âge, dont on se rend très vite compte qu’il est autant là pour lui tenir compagnie que pour canaliser ses débordements...

La fille coupée en deux est le meilleur film de Claude Chabrol depuis fort longtemps ! J’y ai pris autant de plaisir que lors de la sortie de Merci pour le chocolat, plus que quand j’ai vu La demoiselle d’honneur (qu’il faudrait que je revoie, cependant, j’ai l’impression de le sous-estimer a posteriori) et infiniment plus qu’avec La fleur du mal ou L’ivresse du pouvoir.

Si l’argument de ce nouvel opus est simplissime (le triangle amoureux, la jalousie), le scénario le complique à souhait par la nature des personnages, les divers milieux dans lesquels ils évoluent. La direction d’acteur, la réalisation, la photographie sont parfaites, le sens du suspense qu’on connaît à Chabrol est une fois de plus totalement maîtrisé, et l’on ressort groggy après une dernière pirouette !

Le scénario s’inspire, en transposant l’histoire en France et à notre époque, d’un fait divers qui a eu lieu au début du XXème siècle à New York. Ragtime, roman de E.L. Doctorow, était aussi une variation sur ce thème.

Mes souhaits pour le MoDem

Merci, MIP, de lancer cette chaîne ! Effectivement, à la veille des Journées démocrates, et non loin de notre congrès fondateur, il est bon de savoir ce que chacune et chacun d'entre nous attend de ce grand mouvement en formation.

Je me prête donc avec grand plaisir à ce petit jeu :

- Tout d'abord, je souhaite que le MoDem soit fidèle à son nom : qu'il reste en mouvement, qu'il ne sclérose pas en querelles intestines, et qu'il reste démocratique dans son fonctionnement, laissant les idées circuler et une chance à chacun de les exprimer et au moins de les voir considérées et discutées ;

- Qu'il permette l'émergence d'une nouvelle politique, par des propositions alternatives, que ce soit dans les domaines économiques ou sociétaux, pour mettre véritablement la France à l'heure du monde ;

- Que cette adaptation ne se fasse pas au détriment des individus, en d'autres termes, que les propositions du MoDem soient inscrites dans un courant de pensée humaniste ;

- Que l'Europe, son développement, son renforcement soient au coeur de son projet ;

- Que ses futurs élus locaux restent proches de leurs administrés et considèrent véritablement leurs demandes - je ne parle pas ici des députés et sénateurs, dont le mandat est national et qui, à mon sens, ne devraient d'ailleurs pas être élus à l'issue d'un suffrage uninominal et local, mais de liste et national.

Vous trouverez sur le blog de MIP des liens vers d'autres démocrates ayant participé à cette chaîne...

29.08.2007

Après le bouclier, le plancher...

Présenté pendant la session extraordinaire du Parlement, le "paquet fiscal" comportait deux modifications de taille mais, autant le bouclier fiscal descendu de 60% à 50% a fait couler beaucoup de salive et d'encre, autant la mesure "compensatoire", qui vise à instaurer un impôt-plancher en éliminant un grand nombre de niches permettant de diminuer l'impôt, voire d'y échapper, n'avait pas vraiment retenu l'attention des observateurs.

Le député Nouveau Centre Charles-Amédée de Courson l'a confié au Canard Enchaîné qui publie aujourd'hui ses propos : "le principe [en] est acquis". Evidemment, Bercy a tout de suite indiqué que tout propos à ce sujet est prématuré.

L'hebdomadaire satirique note qu'on ne sait pas encore si cette mesure sera applicable à l'ensemble des contribuables ou seulement à certaines catégories d'entre eux.

Michel Rocard animera un comité sur la "revalorisation du métier d'enseignant"

07207072311bef0271d1ca3d7e41c1d6.jpgDans un entretien publié sur le site du quotidien Le Monde, Michel Rocard indique avoir accepté la proposition qui lui a été faite par Nicolas Sarkozy de superviser les travaux d'un comité destiné à redorer le blason de la profession d'enseignant.

Reconnaissant que le PS devrait être absent du pouvoir pour des années, l'ancien Premier ministre continue ainsi à apporter sa pierre à l'édifice national, à participer à la vie publique loin des querelles de clochers et des "matches de qualification" pour les prochaines élections et surtout la coupe du monde de la politique française, les élections présidentielles de 2012.

Souhaitons-lui bonne chance dans cette entreprise, qui était l'un des messages que François Bayrou a fait passer pendant la campagne présidentielle...

28.08.2007

Les choses s'arrangent mais ça ne va pas mieux, de Kate Atkinson

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L'aigle et l'ange, de Juli Zeh

86cce0a8258d6c0b8ada8cdc5661fdf5.jpgMax est fini. Lessivé. Avocat dans un grand cabinet basé à Vienne, il travaille à Leipzig et ne se remet pas du suicide, deux mois auparavant, de sa petite amie Jessie. Il faut dire qu’elle s’est tiré une balle dans la tête alors qu’ils parlaient au téléphone… D’ailleurs, Max en est resté sourd de l’oreille qui était contre le récepteur. Lui qui était déjà cocaïnomane avant ce désastre, il n’est quasiment plus que ça. Quasiment, parce qu’il est aussi le maître de Jacques Chirac, le dogue de Jessie.

Un soir débarque chez lui Claudia. Claudia est animatrice d’une émission de radio nocturne, dans laquelle elle fait office de confidente un peu trash des paumés et autres insomniaques. Max l’a appelée, un soir, et la voilà. Physiquement, elle n’est pas du tout ce qu’il imaginait : il la voyait brune, elle est blonde ; il la voyait sévère, elle est plutôt boudeuse et gamine. Elle qui ne fume pas, elle sort de son sac un paquet de cigarette et lui en offre, puis elle fait ce qu’elle sait faire de mieux : le faire parler.

Max raconte tout ; son amitié avec Shershah, le beau gosse à qui tout réussit qu’il a connu dans un établissement scolaire pour gosses de riches, l’arrivée de Jessie et la manière dont elle est tombée amoureuse de Shershah.

Claudia est étudiante, thésarde en psychologie, et elle a décidé de faire de Max le sujet de son étude ; elle a perçu en lui le petit détail qui fait le tueur. Vont s’ensuivre de nombreux entretiens, au cours desquels le récit de Max va se faire de plus en plus sombre, puis l’affrontement entre la psy et son sujet va se transformer en une sorte de complicité pas tout à fait franche.

J’ai lu avec un intérêt croissant et un plaisir jamais démenti ce premier roman de Juli Zeh, dans lequel elle fait montre de sa connaissance parfaite (mais bon, c’est son métier !) des arcanes judiciaires allemands, mais aussi européenne, et de la géopolitique européenne (des Balkans en particulier) ou des « canaux de distribution » de la drogue à l’est de l’Europe.

C’est à n’en pas douter un roman très noir, comme le sera par la suite La fille sans qualités, qui a attiré certaines critiques négatives du fait de l’impossibilité d’en faire ressortir un seul héros positif. Et pourtant, j’ai trouvé, personnellement, qu’on pouvait terriblement s’attacher à Max ; à Claudia un peu moins, parce que ses motivations sont trop égoïstes ; et à Jessie… énormément, même s’il ne s’agit souvent que de pitié. Une chose est sûre : aucun d’entre eux ne laisse indifférent.

Malgré une traduction que j’ai trouvé un peu moins habile que celle de La fille sans qualités, on trouve déjà, dans cette œuvre première, le style coulé mais sans fioriture qui est la marque de fabrique de Zeh, qui sait ménager ses effets et ses ruptures de rythme pour faire, d’un coup, sursauter son lecteur après l’avoir un temps enveloppé dans la douceur d’un récit bien mené. Au total, c’est un choc.

Falling Man, de Don DeLillo

5694f31d1e43d61fb3ff94ebce36c009.jpgA la différence des autres romans de Don DeLillo, on est cette fois-ci de l'autre côté de la barrière, non plus à la veille de l'apocalypse, mais quelques minutes après. Le roman s'ouvre, au matin du 11 septembre 2001, sur la remontée de Manhattan par un homme tout juste sorti de la deuxième tour jumelle, celle qui s'est effondrée après sa soeur. Keith a des éclats de verre fichés partout où sa peau n'est pas protégée par des vêtements : les mains, le visage, le cou. Il est couvert de sang ; il y en a trop, au vu de ses blessures, pour qu'il ne s'agisse que du sien.

Totalement déboussolé, il se dirige vers le nord, pour s'éloigner du lieu du désastre et sonne chez son ex-femme Lianne, dont il est séparé depuis un an et demi et qui vit avec leur fils de six ans, Justin.

Bien que le pire soit déjà arrivé, Don DeLillo parvient une fois de plus à maintenir son lecteur sur la brêche, grâce à un style elliptique et à sa technique des dialogues, qui fonctionnent un peu à l'envers : on apprend les choses dans l'ordre inverser de celui qui est habituel, ce qui est assez déconcertant et donne tout le temps une impression de flottement, l'impression qu'on a manqué quelque chose. Et puis le chaînon manquant arrive, et on reprend pied, avant qu'une autre vague destabilisante ne nous parvienne.

Les deux premières parties du roman, qui traitent de l'immédiat après-attentats et des mois suivants, sont remarquables ; elles sont à nouveau une photo de l'Amérique post-moderne, et font réaliser à quel point le 11 septembre 2001 a véritablement marqué l'entrée des Etats-Unis dans le 21ème siècle. La place des Etats-Unis dans le monde, l'image qu'ont d'eux-mêmes les Américains, le regard des Européens sur eux (par l'intermédiaire du personnage de l'amant de la mère de Lianne, galeriste et négociant d'art allemand) sont la trame sur laquelle l'auteur développe son histoire : le retour cahoteux de Keith dans son rôle de mari et de père, les bouleversements de sa vie (ceux des Etats-Unis en miniature) et ceux qu'ils entraînent chez ses proches.

Vous voulez un point de vue lucide (un brin noir, je vous l'accorde) sur l'état de santé des Etats-Unis ? Lisez DeLillo...

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