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10.12.2007

A rebrousse-temps, de Philip K. Dick

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La Terre s'est mise à tourner à l'envers. Les morts renaissent...

07.12.2007

Quelle est l'opinion générale sur François Bayrou ?

Oh, bien sûr, 21 % des près de 4000 personnes qui ont répondu à l'enquête d'Expression Publique se disent proches du centre - on peut donc supposer qu'un certain nombre de militants MoDem onf fait partie de ces répondants - mais tout de même, on peut dégager quelques rapides conclusions :

 l'homme, qualifié de constant et idéaliste, paraît sympathique, et ses idées emportent plutôt l'assentiment des répondants mais il paraît isolé et affaibli depuis l'élection présidentielle. Du coup, son influence sur la vie politique française apparaît comme "assez faible".

L'idée force retenue, c'est le refus du clivage droite-gauche, et, dans une moindre mesure, la construction européenne, la lutte contre les déficits publics et l'éducation (pas si mal !). En outre, il ressort que les répondants pensent que François Bayrou, s'il avait été élu, aurait mené une politique bien différente de celle de Nicolas Sarkozy.

Trop souvent, les répondants en sont réduits à répondre qu'ils ne savent pas comment le MoDem, et François Bayrou, se sont positionnés par rapport aux décisions présidentielles et gouvernementales (ah bon, il y a une différence ?) ; nous manquons encore de terrain pour exprimer nos opinions, ou nous ne le faisons pas assez, tout simplement !

Plus préoccupant peut-être : sur un grand nombre de sujets, les répondants estiment que François Bayrou n'a pas gêné le gouvernement et le président dans leurs actions, alors qu'il s'affiche comme principal opposant à Nicolas Sarkozy...

En ce qui concerne les municipales, les répondants semblent pousser vers l'absence d'alliance, et, à Bordeaux, jugent dommage que le MoDem annonce d'entrée une alliance avec Alain Juppé.

Enfin, dans l'optique de la présidentielle de 2012, les répondants estiment en majorité que François Bayrou a raison de rester libre...

06.12.2007

"Politique de mémoire"

Tiré du compte-rendu du Conseil des ministres de ce matin.

La politique de mémoire et la modernisation des commémorations publiques
Le secrétaire d’État à la Défense, chargé des Anciens Combattants, a présenté une communication relative à la politique de mémoire et à la modernisation des commémorations publiques.

Les conflits du XXe siècle ont marqué par leur violence, leur ampleur et leurs conséquences politiques.

La disparition progressive des générations qui ont porté, jusqu’aujourd’hui, la mémoire de ces événements nécessite d’adapter la façon dont on transmet leur souvenir.

Le secrétaire d’État à la Défense, chargé des Anciens Combattants, a demandé aux professeurs Jean-Jacques Becker et André Kaspi de faire des propositions concernant la forme et le contenu des commémorations et cérémonies, notamment celles du 90ème anniversaire du 11 novembre 1918 qui coïncidera avec la Présidence française de l’Union européenne. Les propositions porteront plus largement sur la façon de concevoir la politique de mémoire, pour qu’elle corresponde mieux à l’évolution des mentalités et contribue efficacement à la promotion du sens civique et des valeurs de la République.


Rien que le terme de "politique de mémoire" me choque. On ne peut pas laisser les historiens bosser de manière indépendante, il faut là aussi médiatiser, montrer que c'est sur "injonction" des politiques qu'il dont un travail commandé ?

Omaha après Virginia Tech... et tant d'autres

Si la Finlande a récemment eu à porter un deuil semblable, l'Europe est pour l'instant épargnée par ce qui devient, malheureusement, de plus en plus récurrent aux Etats-Unis. Cette fin d'année voit se répéter un scénario déjà joué en début d'année : un jeune homme armé a tiré au fusil sur un grand nombre d'anonymes, en tuant plusieurs, avant de se suicider...

Pourquoi cette multiplication, pourquoi particulièrement aux Etats-Unis, qu'est-ce qui, dans cette société-là particulièrement, on assiste à la répétition de ce type de "crime de masse" ?

J'ai tout exprès élargi le champ d'observation à l'échelle de l'Europe, pour comparer des populations du même ordre de grandeur. Ce type d'actes est-il appelé à se produire en plus grand nombre de notre côté de l'Atlantique également ?

Le plus effrayant, à mon sens, est que le motif qui semble ressortir des premiers témoignage est que le jeune homme, Robert Hawkins, 19 ans, voulait surtout être célèbre... Assiste-t-on là à une dérive de nos sociétés où le paraître prend trop souvent le pas sur l'être ?

05.12.2007

Pour des listes "3R" au Conseil National du MoDem - Initiative de Sébastien Dugauguez

Nous avons été passionnés par le Congrès fondateur du MoDem.

Nous sommes convaincus que le Mouvement Démocrate incarne l’avenir de la démocratie française et européenne.

Mais, même si nous en comprenons les motivations, nous avons été un peu frustrés par le mode de discussion des amendements et par le choix des premiers membres du Bureau Exécutif. Cependant, nous ne voulons pas critiquer sans but et dénigrer les efforts considérables qui ont déjà été faits. Nous voulons continuer à construire notre mouvement et aller toujours plus loin dans la démocratie interne en préservant l'efficacité.

Nous voulons donc que s'incarne l'appel de François Bayrou à construire autour des "3R" : Rassemblement, Renouvellement et Refondation démocratique. Nous voulons insuffler ces 3R au coeur de notre mouvement et être force de proposition. Nous voulons être représentés au Conseil National.

Nous souhaitons donc que se constituent dans chaque région des listes 3R qui porteront notre idéal de représentativité réelle du peuple des adhérents, notre idéal de démocratie interne, notre idéal de formation des militants, notre idéal de transparence !

Nous ne voulons surtout pas nous opposer à nos dirigeants, car sur le fond et le projet de société nous sommes d'accord, mais leur proposer un moyen pour que les attentes des militants de base soient relayées et satisfaites afin d’assurer un nouvel élan à notre mouvement !

Répondons à l’appel d’R de François Bayrou !



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Pour aller plus loin : téléchargez ici une première proposition de "Programme pour les listes 3R":

http://reservoirdidees.hautetfort.com/media/01/01/34de79ea6e316183f2e09248c0c0df1e.pdf

Merci de votre soutien !

La refonte du Code du Travail devrait passer aujourd'hui

Les députés n'ont pu terminer hier soir la deuxième lecture du projet de loi de refonte du Code du Travail, visant à le "simplifier et [le] rendre plus lisible".

Comment cela est-il fait : principalement en déclassant de la partie législative à la partie réglementaire du code un nombre impressionnant de dispositions... ce qui en rendra la modification par décret beaucoup plus aisée ! Une déconstruction du code du travail un peu inquiétante...

"Il y avait 271 subdivisions, on en arrive à 1 890. Il y avait 1 891 articles de loi, il y en a 3 652 ! Ils ont déclassé près de 500 lois en décrets modifiables à l’avenir… sans repasser par le Parlement. Ils font s’écrouler toutes les jurisprudences, abrogent des articles clés, restructurent le fond théorique et pratique du code. Tout est modifié. Dans les questions d’hygiène, de santé, de sécurité, les obligations des employeurs sont devenues un élément avec «les obligations des travailleurs» faisant partager les risques et responsabilités avec les salariés – ce qui est un recul décisif d’un siècle !" écrivait Gérard Filoche, inspecteur du Travail, dans une tribune publiée par Libération.

Qu'une modernisation soit nécessaire pour s'adapter aux nouveaux métiers etc., je le conçois. Que ça devienne un tel embrouillamini, c'est intolérable pour un code qui devrait être limpide et, à la limite, consultable par tout salarié sans avoir besoin d'être docteur en droit ! Je lis d'ailleurs avec amusement que même Laurence Parisot est d'accord : au lieu de simplifier, la nouvelle version rend plus complexe !

L'opposition (de nombreux amendements avaient été déposés par le PS) est parvenu à grappiller quelques miettes, mais le projet de loi, qui autorise la ratification de l'ordonnance du 12 mars 2007 qui réécrit de fond en comble le le code du travai, devrait passer aujourd'hui...

Et dire que le gouvernement s'était engagé à ce que cette refonte soit faite "à droit constant"...

04.12.2007

Déchiffrer l'économie, de Denis Clerc

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Je relis ce petit bouquin très bien fait (pas franchement d'inspiration néo-libérale, puisque son auteur est l'un des piliers d'Alternatives Economiques), qui démonte les rouages de l'économie et, à l'instar de ce que peut faire un Bernard Maris avec son Antimanuel d'Economie, défait les idées fausses sur le capitalisme et l'économie de marché. Salutaire.

Mulholland Drive, sous la direction de Nathalie David et Cyrille Habert

d2a36c4429979c065046973b66c425c4.jpgIl s'agit de cinq essais qui abordent des thèmes différents du film, ou plutôt qui attaquent chacun le film sous un angle différent, et d'un entretien fort intéressant sur le son dans Mulholland Drive et, au-delà, dans le cinéma de David Lynch.

Le premier essai, "This is the girl", leimotiv du film puisqu'on l'entend, en tout, une demi-douzaine de fois, est un peu compliqué à suivre... On peut tout du moins en dégager qu'il étudie le film sous l'angle de la déconstruction de l'actrice comme icône américaine. Passons.

L'essai suivant m'a beaucoup plus plu : intitulé "Filmer comme peindre", il s'attache à la technique tout particulière de Lynch, déjà éprouvée avec Lost Highway et qui trouve un paroxysme dans Inland Empire. L'auteur dégage ainsi la conclusion qu'il faut prendre un film (de ce type-là, dans lequel on peut inclure Eraserhead) de Lynch comme un tableau en cours de réalisation : ne pas chercher nécessairement de continuité car le peintre, quand il revient à sa toile, repart de zéro ou presque, avec pour seul point de départ un fond de toile déjà garni. Il peut changer complètement de direction ou continuer à creuser le sillon entamé lors de sa séance précédente. C'est pourquoi il est si difficile de "suivre" un film de Lynch ; il faut se laisser porter par les impressions, qui sont beaucoup plus révélatrices et significatives que le scénario à proprement parler. D'ailleurs, tout y invite : même l'image, imprégnée de matière (couleur, textures...) se rapproche de la peinture. On peut d'ailleurs remarquer plusieurs références à des peintres dont Lynch (lui-même peintre !) est grand amateur : Hopper (une scène où Diane est debout, en peignoir, dans sa cuisine dans la deuxième partie du film), Bacon (l'image du cadavre sur le lit, à la fin de la première partie).

"Corps à l'épreuve" : analyse de la contrainte subie par le corps de Betty/Diane dans le film, dans le cadre en tout cas, où elle est toujours rejetée à l'extrémité, contrairement à celui de Rita/Camilla, beaucoup plus libre. C'est une des techniques utilisées par Lynch pour nous faire ressentir le malaise de Diane, et son ressentiment, sa haine même, pour Camilla.

"This is the box" se concentre sur l'objet mystérieux et central du film : la boîte bleue par laquelle les protagonistes de la première partie accèdent au club Silencio. L'auteur l'analyse comme "crypte" au sens de Derrida, c'est-à-dire le for intérieur - entre autres.

"No Hay Banda!" est un entretien de Cyrille Habert avec Yan Maresz, ingénieur du son sur ce film. Il expose les techniques de Lynch pour utiliser le son, la manière dont tous, absolument tous les sons, de l'ambiance à la musique originale, sont retravaillés par le réalisateur (ou du moins sous sa direction) pour créer un univers sonore irréel et envoûtant.

Enfin, "Du tragique à l'inquiétant" explique comment Lynch, à partir d'un matériau (l'idée originale du film) qui pourrait donner une oeuvre tragique (les éléments de base sont tous là !), construit un tableau qui inspire la crainte diffuse mais très profonde plutôt que la compassion.

J'ai globalement beaucoup aimé ce recueil d'essais ; j'ai été plus fortement touché par "Filmer comme peindre" et l'entretien avec Yan Maresz, mais tous sont intéressants et éclairent le film d'une lumière nouvelle ou du moins exposent des hypothèses, des interprétations intéressantes.

Surtout, ils donnent très envie de revoir (encore !) le film, équipé de ces quelques données théoriques ou plus avérées (certains indices laissés par Lynch s'adressent vraiment à un public très restreint !!!).

C'est lui ou c'est eux ?

Les titres de journaux et de brèves font de ces raccourcis ! Je m'y suis laissé prendre. Ce matin, Yahoo!Actualités titre : "En Algérie, Sarkozy dénonce le système colonial et annonce des contrats".

Mis côte à côte, les deux termes de la phrase choquent un peu - moi, en tout cas - car ils lient, dans une relation de quasi-causalité, les propos somme tout assez humanistes et généraux du président à la signature des contrats annoncés (rien à voir, en montant, avec ceux que Sarkozy est allé signer en Chine la semaine dernière, mais tout de même...).

Alors, que faut-il comprendre : que le discours (une fois de plus un discours de repentance, mais cette fois il me semble assez équilibré) était sincère, et que les contrats n'ont rien à voir avec lui, ou que le discours a servi de "lubrifiant" pour les relations commerciales ?

03.12.2007

Le MoDem est né !

Ca y est, c'est fait ! Ce week-end, le Mouvement Démocrate est officiellement né après l'adoption par ses adhérents réunis en congrès de ses premiers statuts !

Ce processus lui-même a donné lieu à un exercice démocratique - quoique souvent orienté par la parole du président - puisque nous avons eu à examiner, puis à avaliser ou rejeter, plus de 80 amendements apportés à la quatrième version du projet de statuts rédigé par le siège. Plus de quatre heures d'examen, peu d'amendements ont réellement donné lieu à des discussions enflammées.

L'après-midi a vu des orateur se succéder, à la tribune et dans la salle, sur des sujets de société - on nous reprochait de ne faire que se regarder le nombril, cet après-midi a montré que nous nous intéressons - et comment ! - à la vie de nos concitoyens. J'ai particulièrement été marqué par les interventions de Robert Rochefort, directeur du CREDOC, et de Jean Peyrelevade, qui lui a répondu de la table à la tribune, sur la social-économie, la croissance et le pouvoir d'achat.

Le lendemain, l'adoption des chartes (des valeurs, éthique) et les discours de clôture ont parachevé ce congrès fondateur.

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