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04.07.2008

Encore obligé de faire une liste de mes lectures passées

Bon, une fois de plus, j'ai laissé passer du temps, du coup je suis obligé de ne faire que dresser la liste de mes lectures des dernières semaines :

Sophie's Choice de William Styron

The Sorrows of an American de Siri Hustvedt

Ils ont tué Pierre Overney de Morgan Sportès

L'homme aux lèvres de saphir de Hervé Le Corre

The Waves de Virginia Woolf

Les bonnes intentions d'Agnès Desarthe

Everyman de Philip Roth

The Life Before Her Eyes de Laura Kasischke

A Scanner Darkly, de Philip K. Dick

scanner-darkly.jpg

Ce n'est que le deuxième roman de Philip K. Dick que je lis, mais je sens d'ores et déjà que je vais aimer beaucoup de ce qu'il a écrit. Déjà, dans Counter-Clock World, j'avais senti ce qui me plaît énormément également chez un auteur comme Don DeLillo : cette capacité à analyser le monde, puis à exagérer (quoique...) pour l'amener au bord du gouffre.

A Scanner Darkly est une plongée dans le monde de la drogue et des brigades des stups. Un inspecteur est infiltré, sous le nom de Bob Arctor. Le problème, c'est que pour faire vrai, il est obligé de prendre un peu de drogue lui-même. Hors, la Substance D a pour effet, à moyen terme, de créer de véritables schismes psychologiques. Au bout d'un certain temps, Fred, l'inspecteur, ne sait plus qu'il est aussi Bob Arctor, et se lance à corps perdu à sa poursuite...

D'aucuns font mine de s'offusquer...

J'ai entendu ce matin les réactions outrées de Jean-Pierre Raffarin et François Fillon suite aux propos - fort peu diplomatiques il est vrai - de Ségolène Royal, qui disait, pour le moins, son agacement face à la possible récupération politique par notre président bien-aimé de la libération des otages des FARC.

Tout à trac, je dirais que j'ai beaucoup de mal à discerner quel avancée Nicolas Sarkozy a permis dans cette affaire. Il s'était proposé comme médiateur, ce que n'avaient a priori pas refusé les FARC - et encore, mes souvenirs en la matière ne sont plus complètement nets - mais, que je sache, cette médiation n'a pas eu lieu, et c'est bien une opération militaire, très rondement menée et sans bavure, qui a mené à l'issue positive qu'on sait.

Si quelqu'un peut se féliciter, à la limite, c'est George Bush, puisque les Etats-Unis sont un grand soutien de la Force Omega dont la seule mission, depuis dix ans, est de poursuivre et éliminer les FARC...

Cette politique-là me dégoûte un peu...

03.07.2008

Content, bien sûr, mais...

Bon, ça y est, Ingrid Bétancourt est libre ! Ouf, il y avait tellement longtemps qu'on l'attendait, cette nouvelle-là, qu'on l'espérait, qu'elle semblait proche, puis qu'elle s'éloignait. On a craint pour sa vie, bien sûr... d'où la joie de la retrouver, amaigrie, affaiblie, mais somme toute bien là, capable de parler de longues minutes aux journalistes dès son rapatriement à Bogota. De retour chez les vivants.

Dont acte.

Mais on ne parle que de ça depuis ce matin, de la libération d'Ingrid. J'ai eu l'impression que l'armée colombienne avait monté toute cette opération rien que pour elle, vu le peu de cas qu'on a fait de la libération des autres otages avec elle.

Est-ce un francocentrisme ? Un politicocentrisme ? Je ne sais pas, mais ça m'a désagréablement rappelé décembre 2004. Vous vous souvenez du tsunami en Asie du sud-est ? Eh bien, vous vous souvenez peut-être aussi que les radios et les télés nous bassinaient à longueur de temps avec le décompte des touristes morts, nationalité par nationalité. Les autres ? Les habitants des pays touchés ? Rassemblés dans une fosse commune : plusieurs dizaines de milliers. En lot. Il y en a un peu plus, j'vous les mets quand même, ma brave dame ?

Enfin, voilà, tout ça pour dire que je suis heureux pour elle, heureux pour sa famille, mais aussi pour les autres otages et leurs familles.

Et que je me demande franchement si le sort des otages qui restent au fin fond de la forêt va continuer à intéresser autant de monde en France.

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